[REVUE DE PRESSE] À Sevran, la municipalité crée de nouvelles tranches tarifaires de cantines pour les familles précaires dont les familles monoparentales

À Sevran, la municipalité crée de nouvelles tranches tarifaires de cantines pour les familles précaires dont les familles monoparentales. Cet affinement des tarifs, calculés selon le quotient familial de la CAF, permet d'éviter les effets de seuil. Selon cet article, deux tiers des familles seraient avantagées par ce nouveau calcul, particulièrement les familles monoparentales. Fraveillance-Famisolo se réjouit de cette initiative, et rappelle que de telles mesures sont nécessaires puisque 31% des monoparents vivent sous le seuil de pauvreté.


Article de Carole Sterlé du 17/05/19 pour « Le Parisien »

Source : http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/sevran-ce-qui-attend-les-familles-pour-les-factures-de-cantine-17-05-2019-8074044.php 


SEVRAN : ce qui attend les familles pour les factures de cantine

Dès septembre, douze tranches tarifaires seront mises en application, en remplacement des trois tranches. Les familles monoparentales devraient s’y retrouver.

A partir de la rentrée, les tarifs des repas pour les cantines sevranaises et l’étude seront calculés selon le quotient familial de la caisse d’allocations familiales (CAF). Le choix a été validé, non sans discussion, par la majorité des élus, jeudi soir à 23 h 30, en séance du conseil municipal.

Des tranches tarifaires calquées sur les quotients familiaux de la CAF

Ce n’est pas qu’une formalité administrative. Il devrait y avoir des répercussions sur le porte-monnaie des ménages, et peut-être aussi sur la fréquentation. « C’est le fruit de plus d’un an de travail, pour avoir des tarifs plus justes, les rendre plus lisibles et éviter les effets de seuil », explique Elsa Wanlin, adjointe au maire en charge des politiques éducatives.

Le retour à la semaine de quatre jours, plébiscité par les habitants, avait été accompagné d’une baisse de 800 000 € de subventions pour la ville. Suite à cela, trois tranches tarifaires avaient été mises en place à la rentrée 2018, faisant doubler la facture pour certains. Une mère de famille avait d’ailleurs lancé une pétition pour s’en plaindre. Pour laisser ses deux enfants au périscolaire, il lui fallait payer 320 € au lieu de 160 €. Sans compter les frais de cantine.

Des pénalités financières envisagées

Avec l’aide d’un bureau d’étude, la ville a opté pour la mise en place de douze tranches tarifaires, en fonction des quotients familiaux de la CAF. Deux tiers des familles seraient avantagées par ce nouveau calcul, particulièrement les familles monoparentales. La menace de pénalités financières est aussi envisagée pour rappeler à l’ordre les quelques familles qui concevraient l’étude comme une garderie nocturne.

Ce nouveau système tarifaire devrait éviter aux parents les plus précaires de devoir se signaler auprès du centre communal d’action sociale pour réclamer une aide. Par honte, certains ne le font pas, souligne Jean-François Baillon, maire adjoint en charge de l’insertion.

Encore trop chère selon l’opposition

« Il faut voter ce quotient », estime le maire (DVG) Stéphane Blanchet. Aucun élu ne s’est opposé mais des réserves ont conduit l’opposition et deux élus de la majorité à s’abstenir. « Pour un couple qui vit avec un smic, avec deux enfants, ça ferait 108 € par mois pour la cantine, c’est énorme, la cantine et l’étude sont un droit », estime Gilles Boitte (opposition Front de gauche). « Il manque des éléments pour se positionner », estime aussi Laurent Chantrelle, adjoint en charge de la modernisation des services publiques. Il est aussi directeur d’une école aux Beaudottes, où, « 30 % seulement des élèves mangent à la cantine ».

Philippe Geffroy (opposant de droite) rappelle que la cantine est gratuite dans d’autres villes de Seine-Saint-Denis. « On finance à plus de 50 % la restauration scolaire, mais on fait aussi avec les contraintes budgétaires et les villes où la cantine est gratuite n’ont pas les mêmes tarifs que nous sur le périscolaire », répond Elsa Wanlin. Et de rappeler qu’à Sevran, aucun enfant n’est exclu de la cantine pour cause d’impayés.